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L’agence du numérique de défense est créée

Le 1er décembre 2020, la ministre des armées Florence Parly a annoncé la création de l’AND (Agence du numérique de défense) en soulignant que « Le numérique occupe une place croissante au cœur des capacités opérationnelles et fonctionnelles du ministère des Armées. Ce sont plusieurs milliers d’agents civils et militaires et près de 1500 systèmes d’information et de communication qui concourent directement ou indirectement aux missions du ministère ». La ministre ajoute « qu’il est urgent de simplifier notre manière de faire pour une meilleure efficacité opérationnelle. Le ministère des Armées est pionnier en la matière et entend bien le rester. Plus que jamais, un numérique solide, fiable et efficace est un gage de résilience ».

Après une préfiguration de quatre mois, l’arrêté du 23 avril 2021 donne naissance à ce service à compétence nationale rattaché au délégué général pour l’armement. Elle est dirigée depuis le 5 mai par l’ingénieur général de l’armement de 1re classe (IGA) Dominique Luzeaux, ancien directeur adjoint « Plans » de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la Défense (DIRISI).

Cette agence doit contribuer aux enjeux de supériorité opérationnelle et de maîtrise de l’information au sein du ministère en révisant en profondeur l’organisation du numérique pour faire face aux défis croissants liés à la transformation du ministère. Elle doit, dans un cadre budgétaire contraint, permettre d’encore mieux utiliser les différents budgets et effectifs du ministère pour répondre aux enjeux de transformation numérique.

Elle s’inscrit dans un écosystème numérique déjà riche avec la Direction Interarmées des Réseaux d’Infrastructure (DIRISI), la Direction Générale du Numérique (DGNUM) et le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER). Proximité par le milieu numérique qui les rapproche, mais différenciation par les missions exercées.

La DGNum, rattachée directement à la ministre, a un rôle stratégique de pilotage et de coordination. La DIRISI opère des réseaux, des applications et toutes les infrastructures du SI. Elle administre et exploite, ce qui signifie qu’elle garantit le bon fonctionnement de l’IT au service des forces comme des services, et elle est également acheteur IT pour le Ministère ainsi que pour certains contrats interministériels. Quant à COMCYBER, il est « l’ANSSI » du ministère et met en œuvre les actions opérationnelles conduites par les forces.

Selon l’article 2 de l’arrêté, l’agence a pour missions :

de conduire, pour le compte des états-majors, directions et services et tout au long de leur cycle de vie (conception, réalisation, déploiement et retrait), les projets numériques complexes ou à fort enjeu. La complexité s’analyse d’un point de vue technique, lorsqu’ils associent plusieurs porteurs qui peuvent avoir des attentes différentes, sont financés sur plusieurs lignes différentes.

de fédérer et mutualiser les capacités existantes en matière de conduite de projets numériques et de diffuser les meilleures pratiques ;

d’assurer un rôle de conseil des armées, des directions et des services sur la définition de leurs besoins numériques et de veiller à l’optimisation des ressources humaines et financières qu’ils leur consacrent ;

de contribuer à la mise en œuvre de la politique industrielle du ministère des Armées dans le domaine des technologies numériques des systèmes d’information, en lien avec la Direction générale du numérique et des systèmes d’information et de communication (DGNUM) et la Direction générale de l’armement (DGA). L’agence va faciliter en priorité l’accès à la commande publique des TPE-PME, notamment par des groupements, pour favoriser l’innovation technologique ou la rupture dans les usages ;

Un comité d’orientation et de pilotage de l’agence du numérique de défense, présidé par le délégué général pour l’armement et réunissant les représentants des états-majors, directions et services, oriente et évalue les activités de l’agence.

L’Agence a ses propres personnels, mais elle exerce une autorité fonctionnelle sur les chefs des projets dont la responsabilité lui est confiée, ainsi que sur le personnel qui leur est subordonné dans la conduite de ces projets (art.3).