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02/11/2018Edito, Par Mariya Gabriel, Commissaire Européen à l’économie et la société numériques

Nos vies sont de plus en plus influencées par la technologie, des services et biens de consommation connectés aux infrastructures les plus importantes. Le phénomène est certes passionnant, mais il suscite aussi des inquiétudes. Les cyberattaques peuvent en effet avoir pour conséquence de porter atteinte à notre vie privée en entraîner des dommages de type financiers ou autre.

Ce qui souligne le besoin d’avancer de manière décisive vers la protection vie privée et la sécurité « by design ». Nous devons nous éloigner de la situation actuelle dans laquelle, notamment, les préoccupations de sécurité sont souvent reléguées à l’étape finale du processus de conception d’un produit.

Le Règlement Général sur la Protection des Données définit déjà le principe de protection des données « by design » en exigeant que la protection des données soit prise en compte à partir du moment où tout nouveau traitement de données est envisagé. La proposition de la Commission relative à un règlement sur la vie privée dans le communications électronique (ePrivacy Regulation) comprend également le concept de confidentialité « by design » en introduisant l’obligation pour les logiciels d’offrir aux utilisateurs un choix en matière de paramètres de confidentialité.

En ce qui concerne la sécurité, nous n’avons pas encore atteint ce degré de concordance. Toutefois, étant donné le lien étroit et souvent de causalité entre les risques pour la sécurité et la vie privée, nous devons aussi traiter ce volet de toute urgence.

Avec le Cybersecurity Act, la Commission a proposé de mettre en place un cadre de certification de cybersecurité volontaire au sein de l’UE. Les négociations avec le Parlement européen et le Conseil européen ont été entamées et la loi devrait être adoptée en début d’année 2019 au plus tard. Les plans concrets de certification de cybersécurité à définir dans ce cadre, associés à une vérification indépendante de la conformité, renforceront le niveau de sécurité des biens et services numériques concernés dans l’ensemble de l’Union Européenne. Les fabricants devront en effet intégrer des fonctionnalités de sécurité dès les premières étapes de la conception et du développement technique, et permettre aux utilisateurs de vérifier et de comprendre le niveau de sécurité garantie.

Plus récemment, la Commission européenne a proposé de créer un centre européen de compétences en cybersécurité et un réseau de centres de compétences en cybersécurité dans les États membres, l’objectif étant de puiser dans le savoir-faire existant et d’organiser le financement disponible de la recherche et de l’innovation en cybersécurité, du renforcement des capacités et de l’appui au déploiement des technologies de cybersécurité dans l’économie. Nous souhaitons également créer davantage de synergies entre les secteurs public et privé et entre les niveaux européen et étatique. C’est un domaine où « plus d’Europe » est nécessaire pour réussir.

 

Nous comptons donc sur le soutien du Parlement européen et de nos États membres en ce qui concerne ces propositions ambitieuses, y compris les propositions du prochain budget pluriannuel de l’UE.

 

 

Mariya Gabriel est Commissaire européen pour l’économie et le société numérique. A ce titre, elle a pour mission de préparer des propositions en faveur de la mise en place d’un marché unique du numérique connecté, et de faciliter l’adoption de propositions législatives présentées par la Commission en ce sens. Elle est aussi chargée de développer et mettre en œuvre des mesures permettant à rendre l’ Europe plus sûre et plus fiable au profit des citoyens et des entreprises. Avant cela, elle a occupé plusieurs postes au sein du groupe Parti Populaire Européen (PPE) du Parlement européen dont elle a été vice-présidente entre 2014 et 2017. Elle est possède un Master en Politiques comparatives et internationales relations de l’Académie des Sciences politiques de Bordeaux, un certificat en sciences-politiques de l’IEP de Bordeaux, et une licence en Français Bulgare de l’université Paisii Hilendarski Plovdiv.